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TAKESHIS'
Titre
japonais : Takeshis' / 2005
Acteurs : "Beat" Takeshi, Kotomi Kyono, Kayoko
Kishimoto, Susumu Terajima, Ren Osugi, Tadanobu Asano,
Tetsu Watanabe, "Beat" Kiyoshi
Réalisateur : Takeshi Kitano
Producteurs : Masayuki Mori, Takio Yoshida
Musique : Nagi
Durée : 118 min
[ LA BANDE-ANNONCE
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L'HISTOIRE
:
Beat
Takeshi vit la vie surchargée, et souvent irréelle,
d’une célébrité du showbiz. Son sosie,
un caissier timide, est encore un acteur inconnu qui attend
impatiemment son heure de gloire. Après avoir croisé
les chemins de Beat, et après plusieurs séries
d’auditions frustrantes, le sosie semble tomber mystérieusement
dans un état imaginaire, qui mêle des aspects de
la vie réelle de Beat et sa violente personnalité
à l’écran…
AUTOUR DU
FILM :
TAKESHIS' a été
présenté en compétition officielle à
la Mostra de Venise en 2005, mais le film ne fut pas récompensé.
Cependant Takeshi Kitano reçu une sorte de prix de participation
pour l'originalité de son oeuvre, sous la forme d'un
verre soufflé de Murano. La présentation du film
avait été gardée secrète jusqu'au
dernier jour de sa présentation ! Malgré cet engouement
suscité autour du mystérieux film en compétition
officielle, l'accueil ne fut pas si chaleureux et beaucoup d'interrogations
furent exprimées quant au contenu du film.
Ainsi suite aux réactions d'incompréhension du
public qui avait suivi la projection en lui reprochant un film
si atypique, Takeshi Kitano leur répondit :
"Je n'ai pas fait ce film pour que mes fans ou tout autre
public se prennent la tête en essayant d'y trouver de
quelconques messages de ma part, il s'agit d'un simple film
de divertissement comme il en existe beaucoup, et même
si j'y ai inclus un certain nombre de clins d'oeil en ce qui
concerne mes activités ou ma vie privée, TAKESHIS'
restera comme un film expérimental à classer dans
cette catégorie."
C'est donc avec un certain recul qu'il faut aborder TAKESHIS'...
Takeshi est souvent appelé "Take-san", voire
"Take" dans l'intimité. En y accollant "shi",
le mot japonais signifiant "mort", on retrouve dans
le titre Takeshis' l'association de Takeshi et de la
mort ; une mort pour mieux renaître... ?
Ceci a été
révélé par Takeshi Kitano lui même
pendant le tournage du film comme une possible interprétation.
Interview par Thomas Sotinel pour le journal Le Monde (5 Juillet
2006) :
"Takeshi Kitano, acteur et réalisateur"
Quel est le principe de fonctionnement de Takeshis' ?
Takeshi Kitano (TK) : C'est une équation. X représente
Beat Takeshi, vedette de la télévision. Il va
rencontrer d'autres personnages, b, une femme et x', qui est
Kitano Takeshi, employé de supermarché. Ensuite,
x voit ces personnages en rêve et dans le rêve,
x et x' deviennent x'', c'est la fractalisation. Ce sont les
rêves qui me sont venus en premier, mais pour leur donner
une forme, il fallait l'équation (qu'il a griffonnée
sur un cahier tout au long de l'explication).
Ces rêves, ce sont plutôt des cauchemars ?
TK : Plutôt. Et le pire des cauchemars, c'est celui dont
vous ne réalisez même pas que c'en est un. Comme
les rêves au début et à la fin du film,
quand Takeshi est un soldat japonais face à un marine,
il ne se rend même pas compte que c'est un cauchemar.
D'où vient ce rêve ?
TK : A force qu'on me pose la question, je suis rendu compte
que j'ai mis ce cauchemar dans le film pour dire tout simplement
que la culture américaine a envahi notre culture au point
de resurgir sous cette forme : le cauchemar.
Est ce que vous avez mis des rêves personnels dans
ce film ?
TK : Oui, le chauffeur de taxi qui circule au milieu des cadavres.
La scène au club de mah-jong avec les yakuzas. Le yakuza
qui me demande : "Pourquoi tu ne me fais pas jouer dans
tes films ?", c'est un rêve que j'ai fait moi-même,
je l'ai mis tel quel dans le film.
Vous aviez déjà fait ça dans d'autres
films ?
TK : Oui, la scène du suicide dans Sonatine. Je me suis
vu en rêve, me tirant une balle dans la tête.
Est-ce que ce film est fait pour que votre public vous connaisse
mieux ?
TK : Non, malheureusement. Je suis désolé pour
tous ceux qui aiment les films que j'ai faits jusqu'à
présent. Takeshis' est plutôt fait pour leur dire
que, désormais, je ne ferai plus ce genre de films. C'est
plutôt le premier film sur la nouvelle route que je suis
en train d'ouvrir.
Pourquoi avoir procédé ainsi ?
TK : Il faut détruire pour pouvoir faire quelque chose
de neuf. Pour construire une maison, il faut démolir
celle qui occupe le terrain. En ce moment, c'est difficile.
Mes films étaient comme une maison confortable dont on
connaissait les entrées, les sorties. Et puis je ne sais
pas pourquoi j'ai éprouvé le besoin de la détruire
et je me retrouve dans un moment délicat où je
me dis : "J'ai tout cassé, qu'est ce que je vais
faire à la place ?"
Vous n'êtes pas du tout en mesure de répondre
à cette question ?
TK : A la fin de Takeshis', je dis : "Je ne tournerai plus
jamais de films violents", ensuite je tire une dernière
balle et c'est la fin, je n'ai plus de munitions. C'est déjà
l'annonce de l'époque à laquelle je ne ferai plus
de films violents.
Et je pense qu'au début de mon prochain film on me verra,
moi et mon producteur, en train de nous casser la tête
pour trouver que faire, puisque nous avons renoncé à
la violence. Ce sera la première scène du prochain
film, mais je ne sais pas ce qui viendra après.
Dans Takeshis', vous esquissez des histoires pour les abandonner.
Est-ce que de ce côté aussi, vous avez épuisé
vos munitions ?
TK : Ecoutez, Takeshis' a été réalisé
sous l'influence de la fièvre. La fièvre, c'était
mon désir de tout détruire pour faire quelque
chose d'autre. Quand la fièvre sera retombée,
on verra : si je suis bien guéri, je réussirai
à prendre un chemin différent ; si je suis mal
guéri, je retournerai sur mes pas et je referai peut-être
des films avec un début, un milieu, une fin."
D'autres impressions sur le film :
LE MONDE : "Takeshi's est une nouvelle déclaration
d'amour au spectacle, un énième acte de foi dans
l'innocence des marginaux, asociaux, adultes fatigués
ayant gardé leur âme d'enfant." Jean-Luc
Douin.
CROSSROADS : "Ce qui est certain, c’est que Takeshi’s
est une réflexion complète se suffisant à
elle-même (…)." S.L (article entier disponible
dans Crossroads n°44, page 24)
TELERAMA : "Un mille-feuille très libre sinon
décousu, où l’invention côtoie la paresse.
(…) Kitano livre mine de rien pas mal d’indices sur les handicaps
de la célébrité et le sentiment d’imposture."
Jacques Morice.
TELE CINE OBS : "Un essai burlesque et débridé,
mais qui au final déroute plus qu’il ne fascine."
X. L.
SCORE : "Le réalisateur japonais le plus important
de sa génération livre (…) un condensé
ludique et fantaisiste de son cinéma." Juilen
Welter (article entier disponible dans Score n°21, page128)
MAD MOVIES : "(…) Un passionnant film de transition,
en même temps qu’un OVNI bien barré."
Laurent Duroche (article entier disponible dans Mad Movies n°188,
page 18 )
LES CAHIERS DU CINEMA : "Takeshis' est un film-rêve,
ses dérapages et enchaînements sont ceux-là
même du processus onirique." Jean-Michel Frodon
(article entier disponible dans Les cahiers du cinéma
n°614, page 44 à 46).
LE JOURNAL DU DIMANCHE : " (…) Le spectateur éprouve
immédiatement de l’empathie pour le personnage. Construit
comme un mille-feuille, le récit est souvent incohérent,
caractéristique inhérente au rêve, difficile
de démêler le vrai du faux." Stéphanie
Belpèche.
CINELIVE : "Le film déstabilise, séduit…
pour mieux agacer l’instant d’après." Marc Toullec
(article entier disponible dans Cinélive n°103, page
49)
LES INROCKS : "Si cet effet de reprise et de mise à
distance de toute une œuvre possède une force initiale,
le film dans son ensemble finit, cependant, par lasser (…) "
Patrick Blouin (article entier disponible dans Les Inrocks n°553,
page 50)
LE FIGARO : " (…) Son œuvre la plus surprenante, la
plus déjantée, la plus atypique et sans doute
la plus personnelle." Emmanuèle Frois.
PARIS MATCH : "Empilant comme un mille-feuille de nombreux
mondes entre rêves et réalité, Takeshi Kitano
évoque sa frustration face à son image stéréotypée
de star de la télé. " Christine Haas
(article entier disponible dans Paris Match n°2981, page
24)
L'HUMANITE : " (…) Les deux personnages sont assez solidement
installés dans l’imaginaire du fan pour n’en faire qu’un
et de là vient le trouble." Emile Breton.
STUDIO : "Un ravage pour les fans." Patrick
Fabre (article entier disponible dans Studio n°225, page
48)
20 MINUTES : "Dans cette comédie burlesque mal
fichue, le réalisateur incarne deux rôles (…)."
VSD : " (…) Ratatouille narcissique tout bonnement insupportable."
(article entier disponible dans VSD n°1506, page 76)
L'EXPRESS : "Gloubiboulga introspectif." C.
Ca. (article entier disponible dans L'express Mag n°2870,
page 42)
POSITIF : " (…) L’audace de ce film est à la
mesure de son échec." H.N. (article entier disponible
dans Positif n°547, page 44)
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