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SONATINE
Titre japonais : Sonachine
Acteurs : "Beat" Takeshi, Aya Kikumai, Tetsu Watanabe, Masanobu Katsumura, Susumu Terajima, Ren Ohsugi / 1993
Réalisateur : Takeshi Kitano
Producteurs : Masayuki Mori, Hisao Nabeshima, Taiko Yoshida
Musique : Joe Hisaishi
Durée : 90 min
Genre : Thriller
[ LA BANDE-ANNONCE ]

INTRODUCTION :
Kitano nous montre ici son film le plus majestueux. Comme à son habitude, il nous livre une œuvre étrange jouant sur des contrastes de violence et de calme. Passant de la brutalité à une beauté silencieuse, ce chef-d'oeuvre porte indéniablement la marque "Kitano".
Cependant le film, malgré ses images sublimes ne serait rien sans la musique de Joe Hisaishi, compositeur de génie, qui suit Takeshi depuis "A scene at the Sea". Sonatine est vraiment l'aboutissement des idées du réalisateur, se situant juste avant "Kids Return" et à égalité avec le fameux "Hana-Bi", film magnifique mais bien trop sombre…

TAKESHI KITANO : "Nous ne savons pas précisément comment Murakawa est arrivé ou il est aujourd'hui. Nous savons seulement qu'il a commis des choses horribles pour y parvenir. Et maintenant, il veut arrêter. Au Japon, arrêter quelque chose est toujours un acte déshonorant. Quand Murakawa est envoyé à Okinawa, il devine qu'il va se faire assassiner. Ce que j'ai voulu montrer ici c'est ce qui se passe dans la tête d'un homme quand il sait qu'il va mourir. L'approche de la mort vous donne une autre vision de la vie. On voit Murakawa assit sur une plage, oubliant tout ses problèmes devant l'immensité de l'océan. La violence vient avant et après cette scène, comme un sandwich. Tout ce qui se passe vers l'océan est hors du temps…"

L'HISTOIRE :
Sonatine raconte l'histoire d'un puissant yakuza, Murakawa, joué par Kitano himself. Le réalisateur ne parle plus ici de looser (comme dans ses précédents longs métrages) mais d'un homme au sommet de sa carrière criminel. Trahi par un jeune yakuza en quête de pouvoir, Takahashi ( Kenichi Yajima ), Murakawa se réfugie au bord de l'océan où ses problèmes se diluent dans une mer de calme et de sérénité. Aidé par Uechi ( Tetsu Watanabe ) et sa bande de loosers râleurs, Murakawa attend la suite des évênements...
Rattrapé par les yakuza qui veulent le voir mort, Murakawa perdra ses amis et devra quitter sa solitude pour sombrer une nouvelle fois dans la terrible violence !

QUELQUES DIALOGUES :
Murakawa discute avec une femme de passage qui est subjuguée par la personnalité du yakuza. Lui, se sachant proche de la mort, dévoile un peu ses sentiments...
LA FEMME : C'est super de pouvoir flinguer quelqu'un comme ça. Ne pas avoir peur de le faire.Ca veut dire ne pas avoir peur de mourir, non ? T'es un dur. J'aime bien les durs.
MURAKAWA : Si j'en étais un, j'aurais besoin d'un flingue ?
LA FEMME : Mais tu tires vite.
MURAKAWA : Parce que j'ai vite la frousse.
LA FEMME : Oui, mais t'as pas peur de mourir.
MURAKAWA : Quand t'as la frousse en permanence, t'en arrives à préférer être mort.

Studio Magazine (n° 98) :
Kitano s'est mis en scène dans le rôle du mafieux taciturne, personalisant ainsi et "intimisant" ce film qui parle de la peur et du courage, de la sensualité et de l'honneur, de la mort donnée et de la mort reçue, du monde tel qu'il se voit et tel qu'il faut le comprendre. Evidemment, notre conception un peu rationnelle du scénario bien huilé souffre légèrement de ce récit fort peu orthodoxe où l'on s'entretue dans l'espace confiné d'un ascenseur, avant de passer de longues journées sur une page à faire des farces aux copains. Le montage est chaotique, les ellipses ahurissantes, et pourtant le point de vue du film est manifeste : celui de son héros, brutal, enfantin, paternel. Kitano est déjà à la mode. Parions que lui ne se laissera pas momifier.

Première (n° 218) :
Kitano, star des médias dans son pays, ici à la fois scénariste, réalisateur et intérprète principal, est à cheval entre deux traditions : le cinéma de genre (les films de yakuzas) et le cinéma classique à la Ozu, le pessimisme en plus. A moins que cela ne soit la revendication d'une noblesse de caste, pour laquelle la mort s'administre comme une poignée de main chez nous. Tuer les gens de la bande d'à-côté semble être ici la seule raison de vivre. Mais tuer les autres, c'est aussi se tuer. C'est gravir autant d'échelons rituels pour atteindre à la sérénité de sa propre mort.

[ VIDEOS I / II / III (à Cannes) ]
[ LES IMAGES DU FILM ]


ACHAT DU FILM :
Le DVD est disponible chez Amazon (version originale sous-titrée en français)