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Le mythe Kitano
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Kitano réalisateur
Kitano acteur

"Beat" Takeshi
Hisaishi & Co.

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La
vie de Kitano pourrait facilement servir de scénario
à un film, tant son existence fut riche et passionnante.
Voici l'histoire d'un réalisateur exceptionnel, entrecoupée
de commentaires du Maître himself. Le texte
est long, alors prenez votre courage à deux mains
car la vie de Beat Takeshi en vaut vraiment la peine
!
|
INTRODUCTION KITANESQUE
Pourquoi Kitano nous fascine-t-il tant ? D'où vient
cette aura qui bouffe la lumière et vole la vedette
aux autres comédiens dès qu'il apparaît à l'écran
?
Dans ses films, Kitano ne parle pas beaucoup, n'exagère
jamais son rôle (à contrario de ses prestations
sur les chaînes japonaises) et ne possède aucune expression
significative quand il joue son personnage. De plus,
ayant perdu la mobilité d'une partie de son visage
lors d'un accident de moto, il ne devrait que moins
plaire... Il n'en est rien.
Kitano semble apporter lui-même un semblant
de réponse :
T. K. :"Dans mes films et ceux des autres, j'essaie
en général d'inhiber mes expressions
faciales pour que le spectateur, suivant la situation,
ressente ses propres émotions à travers mon personnage".
 |
|
Est-ce cela ? Est-ce de se sentir si proche de l'acteur,
qu'il nous apparaît si familier ? Comment
Kitano fait-il pour nous subjuguer tout
en nous terrifiant ? Sommes nous attirés
par ce héros qui finit toujours par
tourner le dos à la vie ? Peut-être
que toutes ces émotions naissent aussi
à la vision de ses films et de ses images
magnifiques, un habile mélange d'humour,
de violence et de sentiments, le tout
accompagné d'une musique triste
et envoûtante. La violence y est
montrée crûment, douloureuse, fascinante.
|
|
Elle coupe des périodes de calme et de solitude
enivrante ou des personnages en mal de vivre
contemplent l'immensité d'une plage vide ou
la désolation d'une cité misérable. Kitano
ne semble être que le réceptacle d'images
montrant des gens désespérément humains. Là
ou d'autres cinéastes ne filment que la trame,
Kitano attache beaucoup d'importance à nous
montrer des personnages secondaires évoluant
dans le même monde que les acteurs principaux.
On sent qu'il aime ses comédiens quels qu'ils
soient et qu'il les filme en retrait, privilégiant
l'improvisation humaine beaucoup plus vivante.
Kitano semble filmer le décor avant que les
personnages n'arrivent, les laisse évoluer
librement, longuement, et attend qu'ils aient
disparu pour oser bouger. Ou alors, le cinéaste
donne l'impression d'arriver trop tard pour
saisir un événement et ne peut filmer que
la fin de l'action. Avec un style épuré, poétique
et mélancolique, il réinvente tout simplement
le cinéma, sur une musique calme et envoûtante.
Ah la musique ! Que vaudrait un film de Kitano
sans la musique de Joe Hisaishi ? Le musicien
compose sur mesure des morceaux planants,
gigantesques, attirant le spectateur subjugué
dans des méandres de sons et de lumières.
C'est un tout, un lien magnifique entre l'image
et le son, l'histoire et l'harmonie musicale.
Bref, vous l'aurez compris, je suis amoureux
fou de Takeshi Kitano pour toutes ces raisons.
Si vous en voyez d'autres et partagez ma vision,
mailez-moi !
|
AU
COMMENCEMENT
Takeshi Kitano naît le 18 janvier 1947, dernier enfant
d'une famille vivant dans les bas-fonds de Tokyo.
Son père, Kikujiro, est un artisan en peintures
et laques diverses. Kitano décrit sa relation
avec celui-ci :
T. K. : "Je n'ai jamais parlé avec mon père.
Quand mes frères et moi entendions ses pas, nous
courrions très loin nous cacher. Je savais qu'il
faisait partie des yakuza. Mais pour nourrir la
famille, il était forcé de travailler comme peintre."
 |
|
La mère de Kitano, Saki, est une femme fière qui essaye
d'élever ses enfants dans la droiture
en les envoyant à l'école et en
leur enseigant, souvent à
coups de trique, les usages du monde.
La famille connait des temps difficiles
pendant cette période d'intense
pauvreté qui succède à la
deuxième guerre mondiale.
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|
T. K. : "Mes parents ne nous permettaient jamais
de voir des films ou de lire des livres. Dans
cette période d'après-guerre, toute la société
travaillait à la renaissance économique du pays.
Les films n'existaient plus. Je n'ai pris conscience
de l'existence du cinéma et des Mangas qu'à mon
entrée au collège."
En 1956, la famille Kitano est la première à posséder
la télévision dans leur rue, et leur maison devient
un lieu de rassemblement pour tous les habitants
du quartier.
T. K. : "Je me souviens avoir considéré mes
voisins comme une grande famille : les gens faisaient
encore pousser des légumes dans les champs et
se lavaient dans la rivière. Les enfants chassaient
les papillons et les libellules, leurs mères passant
leur temps à parler aux bains tandis que les hommes
prenaient du bon temps au bar.
Takeshi est un élève doué mais il quitte le collège
après y avoir passer 3 ans, malgré les protestations
de sa mère et de sa famille.
T. K. : "Mon rêve était de travailler pour
Honda. Cependant, à la fin des années 60, il y
eut un grand mouvement d'étudiants venus de France,
et les gens qui étudiaient la philosophie (Marx,
Lenin, etc.) étaient très bien considérés. Je
sentais que si je pouvais les rejoindre, ce serait
plus facile pour rencontrer des filles. C'est
pour cela que j'ai quitté l'uni et ai travaillé
dans une boîte de strip-tease pour gagner ma vie."
THE
TWO BEATS
En
1972, Kitano commence à travailler comme serveur
dans un café. C'est dans celui-ci qu'il rencontre
Kiyoshi Kaneko avec qui il crée un "manzai",
un duo comique, nommé "The two beats" ("Beat"
Takeshi, le surnom populaire qu'il utilise
pour signer la majeure partie de ses films
vient de là). Les deux comiques naissants
commencent à jouer dans les boîtes de strip-tease
à la mode et sont particulièrement appréciés
par les étudiants et la jeune génération qui
aiment leur style rapide et irrévérencieux.
 |
|
En
1974, un producteur de télélvision
voit leur performance et les
engage pour animer un talk-show.
La consécration viendra
rapidement et, 2 ans plus tard,
les deux acteurs reçoivent
des récompenses sur NHK,
la plus grande chaîne
câblée de l'archipel
nippon.
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|
T. K. : "Après être arrivé
dans ce monde médiatisé, j'ai eu affaire à
la police pour une idiotie. Comme après mon
accident (en 1994), j'ai cru que ma carrière
était finie. Mais je suis revenu ! C'est pour
cela que j'aime la notion d'éternel recommencement
que je développe parfois dans mes films."
TUEUR
PSYCHOPATHE
Nagisa
Oshima, le réalisateur de " Merry Christmas,
Mr. Lawrence ", est le premier metteur
en scène à entraîner Kitano loin de la
comédie car il est persuadé que l'acteur
à le potentiel d'un merveilleux criminel…
Takeshi suit les conseils d'Oshima et
obtient le rôle d'un tueur psychopathe
dans une série TV a succès. Kitano continue
dans le milieu et commence même à écrire
des petites histoires comiques. Kaneko
et lui continuent cependant à faire rigoler
les japonais jusqu'à dissolution du duo
au début des années 80.
Kitano commence alors à jouer sur grand
écran. "Danpu-Wataridori" de Ikuo Sekimoto
(1981) est le premier film de l'acteur
qui campe un policier accumulant gags
sur gags. Bide commercial, le film n'empêche
cependant pas Kitano de continuer.
 |
| Takeshi
est remarqué en occident grâce
au film Furyo de Oshima. Dans
ce film, Kitano joue un soldat
japonais brutal qui sombre
dans le sentimentalisme après
avoir bu. Bien que jouant
un second rôle, il vole la
vedette à Sakamoto tant son
personnage est étrange et
violent. |
|
T. K. : "Le problème, avoue
moi, c'est que les gens s'attendaient
à rire aux pitreries du comédien "Beat"
Takeshi. Ils n'étaient pas près à me voir
jouer d'autres personnages. Mon premier
rôle sérieux, c'était dans "Merry Christmas,
Mr. Lawrence" de Oshima (1983). C'est
dans ce film que les japonais ont réalisé
que je pouvais être méchant."
 |
| Depuis ce film, Takeshi poursuit une carrière
prolifique et est une des
plus grandes personnalités
du Japon. Il anime 7 émissions
TV, apparaît dans les colonnes
des plus grands magazines,
peint, écrit des poèmes et
des romans,... |
|
De
plus, Beat Takeshi possède maintenant
sa propre bande de comiques, les "Gundan",
qui, en plus d'être martyrisés
dans les émissions trash de Monseigneur
(surnom de Kitano à la TV), apparaissent
dans la plupart des film du Maître
(les motards de Kikujiro par ex.)
T. K. : "Mon éditeur m'appelle l' "
Anarchiste perpétuel ". Je suis ennuyé
d'avoir un surnom comme celui-là. Dois-je
être plus doux ? Une des raisons qui m'a
fait devenir comique, c'est que je pouvais
dire tout ce que pensais sur un mode ridicule.
C'est une position unique. J'ai pu exposer
des choses que le public japonais n'aurait
jamais accepté si j'avais été un politique."
KINJI
FUKASAKU SE DÉSISTE
Takeshi fait ses débuts de réalisateur en 1989 avec
le thriller "Violent Cop".
T. K. : "Faire un film est plus
difficile que de jouer la comédie.
Quand je suis comique, je veux immédiatement
faire rire. Je n'essaie pas de faire
passer un sentiment profond. Au contraire,
je veux que mes films plongent le
public dans un océan de sensations."
| A l'origine, Kitano ne devait pas tourner "Violent Cop",
mais le réalisateur Kinji
Fukasaku s'étant fait
porter pâle (il ne pensait
pas pouvoir diriger le
comique), Takeshi reprendra
le film et transformera
un simple remake de "l'Inspecteur
Harry" en un thriller
triste et sanglant. |
|
 |
T. K. : "J'ai dit oui, explique Kitano. Le problème,
c'est que je n'avais jamais dirigé
quelqu'un ni appris les normes cinématographiques
(de ma vie, je n'ai vu que quelques
films). Lorsque je suis arrivé sur
le plateau, j'ai dû me battre pour
imposer ma vision au reste de l'équipe.
Je ne voulais surtout pas voir des
choses inutiles lors des déplacements
de la caméra. A la sortie, on m'a
dit que je ne savais pas filmer."
Takeshi tourne des plans fixes, tranquilles,
que l'on retrouvera également dans
ses autres réalisations. La violence
semble exploser le silence, apparaît
décalée, en total désaccord avec les
autres plans.
T. K. : "Il n'y a pas de mouvement
de caméra, dit Kitano. Pas de haut
ni de bas. La violence est comme la
comédie : elle arrive soudainement,
nous surprend, sans nous avertir.
Je pense qu' il est plus effrayant
de voir le poing que celui qui est
frappé."
UN
HOMME VIOLENT ?
Ici,
il faut ouvrir une parenthèse
pour parler de la relation de
Kitano avec la presse. Une légende
raconte que Takeshi et ses amis
ont attaqué un éditorialiste avec
des parapluies.
Au milieu des années 80, la popularité
de Kitano atteint des sommets.
Jusqu'au jour où un journaliste
s'en prend à lui dans des termes
assez durs… Le comédien est tellement
remonté qu'il organise une expédition
punitive et entreprend d'investir
la maison d'édition (l'une des
plus importantes du Japon) qui
a publié le journal infamant.
Là, sous l'objectif de ses caméras,
il s'en prend physiquement à l'auteur
de l'article. A la suite de l'incident,
Kitano est interdit d'antenne
pendant un moment. Lorsqu'il réapparaît,
sa popularité est intacte.
T. K. : "Un paparazzi a commencé
à poursuivre ma petite amie lors
d'une promenade. Je me suis levé
et l'ai protégée avec mon parapluie
ouvert… Après ça, les gens se
sont dit que j'étais violent.
Mais ce n'est pas vrai ! C'est
moi qui suis attaqué de partout
: maintenant que j'ai de la renommée
en occident, la plupart des journalistes
du Japon me poursuivent constamment.
En voyant des films sérieux, ils
se sont dit que le personnage
devait l'être et veulent confirmer
leurs impressions."
BOILING
POINT & CO
Après
"Violent Cop", Takeshi tourne
"Boiling Point" en 1990. Cette
fois, il écrit le script lui-même
et le co-produit avec Toshio
Taniguchi. En 1991, Kitano
réalise "A Scene at the Sea",
film qui devient sa première
collaboration avec le compositeur
Joe Hisaishi. Ces deux films
parlent tous les deux de perdants
qui arrivent à leur fin en
y croyant totalement.
En 1993, Kitano réalise un
de ses meilleurs films, "Sonatine".
T. K. : "Une sonate est
une partition que vous jouez
quand vous apprenez le piano.
Je pense que c'était exactement
le titre que je cherchais
pour illustrer ma carrière."
 |
| Sonatine
parle d'un puissant
yakuza, Murakawa,
joué par Kitano
himself. Le réalisateur
ne parle plus
ici de looser
comme dans ses
précédents longs
métrages mais
d'un homme au
sommet de sa carrière
criminel, craint
et détesté
par tous. |
|
T.
K. : "Nous ne savons pas
précisément comment Murakawa
est arrivé ou il est aujourd'hui.
Nous savons seulement qu'il
a commis des choses horribles
pour y parvenir. Et maintenant,
il veut arrêter. Au Japon,
arrêter quelque chose est
toujours un acte déshonorant.
Quand Murakawa est envoyé
à Okinawa, il devine qu'il
va se faire assassiner. Ce
que j'ai voulu montrer ici
c'est ce qui se passe dans
la tête d'un homme quand il
sait qu'il va mourir. L'approche
de la mort vous donne une
autre vision de la vie. On
ne peut ressentir le plaisir
de vivre si l'on ne pense
simultanément que la mort
est toujours présente et prête
à frapper. Dans le film, on
voit Murakawa assit sur une
plage, oubliant ses problèmes
devant l'immensité de l'océan.
La violence vient avant et
après cette scène, comme un
sandwich. Ce qui se passe
vers l'océan est hors du temps…"
PLANTÉ
AVEC "GETTING ANY?" ET SA
MOTO
Après
Sonatine, Kitano tourne
sa première comédie de
l'autre côté de la caméra
: Getting Any ? . Ce film
que joue également Takeshi
a été méprisé par la critique
japonaise. A croire que
l'on ne peut jongler sur
divers registres lorsque
l'on est comédien nippon.
La même année, Kitano
s'essaye au suicide par
hasard : le 2 août 1994,
après avoir bien bu, Takeshi
Kitano prend sa moto,
démarre en trombe, s'endort
et s'écrase contre un
mur. Sorti miraculeusement
de l'accident, Kitano
passe des mois en isolation
dans une clinique pour
des fractures crâniennes
et un bris de la mâchoire.
| Quand
il sort de
l'hôpital,
Kitano reste
paralysé du
côté droit
de la figure
(d'où
les lunettes
noires). T.
K. : "C'est
embêtant.
J'allais voir
une de mes
amies. Quand
elle m'a revue
quelques années
plus tard,
elle m'a dit
: "Pourquoi
as-tu mis
si longtemps
? |
|
 |
Kitano
peut en rire maintenant,
mais il a bien failli
y passer. Il reste 10
jours dans le coma et
les docteurs pensent qu'ils
ne pourront jamais réparer
les dommages crâniens.
T. K. : "Quand je me
suis réveillé, j'avais
une bataille dans la tête.
Je ne savais pas quel
part de ma mémoire avait
disparu. Mr. Mori et Mr.
Miyagi, mes deux associés
sont venus prendre de
mes nouvelles. Alors,
j'ai regardé Mr. Mori
et ai dit : "Bonjour Mr.
Miyagi". Ils ont paniqué.
Ca m'a rassuré. En fait,
je savais pertinemment
qui était qui. Pour m'amuser,
j'ai joué à ce jeu pendant
un certain temps"
Après l'accident, Takeshi
arrête de boire et se
dévoue corps et âme à
la peinture, à la lecture,
à l'étude scientifique
et à la musique.
T. K. : "Les gens autour
de moi disent que ceux
qui ont vécu une expérience
traumatisante vivent mieux
par la suite. Je ne partage
pas cette vision. Je ne
suis pas meilleur maintenant.
Si je n'ai pas bu ces
derniers temps c'est que
j'en n'ai pas eu l'opportunité.
Juste après l'accident,
j'ai dû boire deux fois
plus qu'avant. Je voulais
montrer que Kitano n'étais
pas assoupi. 6 mois plus
tard, j'ai réalisé que
l'accident avait quand
même changé des choses.
La paralysie du visage
m'a apporté de toutes
nouvelles expressions
que je dois apprivoiser."
RETOUR
HEUREUX
 |
| Après
l'accident,
Takeshi
s'étonne
que ses
films n'aient
pas plus
de succès.
Alors, il
retourne
un moment
à la télévision,
délaisse
la caméra,
mais continue
à écrire
ses scénarios.
Kitano revient
en 1996
avec "Kids
Return",
un drame
d'adolescents.
|
|
T.
K. : "Les comiques
pensaient que je ne
reviendrais jamais.
Le plus drôle, c'est
que je suis revenu
! Mon expérience personnelle
a cependant changé
bien des choses sur
ma manière de filmer.
Cette fois, je voulais
faire quelque chose
de terrible, mais
j'avais peur que le
public japonais croie
que j'avais pêté les
plombs ! Je devais
les rassurer. Dans
mes films précédents,
la mort était une
sorte d'échappatoire
désespérée. Cependant,
dans "Kids Return",
les personnages choisissent
la vie, dure et terrible,
mais la vie."
Ce film (dont le titre
est tiré d'un de ses
poèmes) a une structure
différente de ses
autres réalisations.
Il est bourré d'histoires
et de personnages,
ne suivant jamais
la trame d'un seul
héros. Les deux garçons
sont associés aux
autres vies, aux autres
problèmes.
T. K. : "Les deux
principaux personnages,
masaru et Shinji,
ont été créés à partir
de garçons que j'ai
connus à l'école.
Leur camarade de classe,
Hiroshi, devient chauffeur
de taxi comme un de
mes vieux amis. Je
voulais voir les deux
sortes d'étudiants
: ceux qui bossent
dur et ceux qui ne
vont jamais en classe
et pensent que ce
serait sympa d'être
yakuza. En général,
les professeurs pressent
les premiers et ignorent
les autres. Le film,
bien sûr, parle de
cette terrifiante
réalité."
Kitano trouve les
deux acteurs principaux
grâce à un casting
improvisé.
T. K. : "Les gens
du casting et les
producteurs ont vu
environ 250 garçons
et en ont réuni une
quarantaine avant
que je les voie. J'ai
choisi ceux qui me
paraissaient les plus
confiants, ceux qui
se pavanaient devant
les autres, comme
s'ils étaient seuls
dans la pièce. Je
n'avais jamais utilisé
de beaux personnages
dans mes films. Masanobu
Ando, le garçon qui
joue Shinji, est venu
vers moi et m'a dit
qu'il savait qu'avec
une tête pareil, je
ne le choisirai jamais."
 |
| Les
deux garçons
qui jouent
misérablement
sur une
scène
devant
l'école
sont évidemment
tirés
du monde
du business,
des paillettes
et du
show,
mais aucunement
de la
jeunesse
tourmentée
de Kitano. |
|
T.
K. : "Si j'en avais
fait des figures autobiographiques,
il est clair que l'histoire
aurait évolué vers
ces personnages, changeant
totalement ma vision
primaire. Manzai,
le personnage, a une
approche traditionnelle
de la comédie. Quand
je jouais, mon but
principal était de
changer les règles
et les lois. Quand
je me suis produit
pour la 1ère fois
à Asakusa, dans un
café, j'ai été viré
6 mois pour avoir
critiqué le bistrot
et son audience."
Après avoir
vu "Kids Return",
beaucoup furent déçu
que le rôle du chef
des yakuzas ne soit
pas tenu par Kitano
lui-même. Beaucoup
de personnes pensèrent
que l'acteur n'avait
pas voulu apparaître
défiguré suite à son
accident de moto.
Mais ce n'étais pas
la raison :
T. K. : "Pour moi,
un film est essentiellement
silencieux. J'aime
voir un film sans
dialogue ni musique.
Tout passe par les
sentiments des acteurs.
Bien sur, lorsque
j'écris les histoires,
j'arrive à m'imaginer
les expressions et
à voir les personnages
en esprit. Ainsi,
je sais parfaitement
lorsqu'un rôle n'est
pas pour moi. Dans
ces cas là, je disparais
derrière la caméra
et continue à penser
les personnages et
non à les vivre."
"Kids Return" est
le premier film de
Kitano à connaître
du succès dans son
pays natal. Cette
situation toute nouvelle
pour l'acteur est
une sorte de rupture
et de consécration.
TRISTE
HANA-BI
 |
| En
1997,
Takeshi
Kitano
reprend
encore
une
fois
sa casquette
de réalisateur.
Hana-Bi
parle
d'un
ex-flic,
Nishi
(Kitano),
qui
décide
de faire
visiter
le Japon
à sa
femme
qui
se meurt
d'une
maladie
incurable.
Poursuivi
par
les
yakuza
et la
police,
Nishi
fuit
également
la vie
avec
elle... |
|
T.
K. : "Je voulais
montrer comment
un japonais prend
ses responsabilités.
La façon de vivre
de Nishi est totalement
différente de
ce que l'on pourrait
voir dans un autre
pays. On pourrait
voir en Nishi
un homme complètement
dépassé, romantique
ou sentimental
à outrance. En
fait, il décharge
sa compréhension
du monde et ses
responsabilités,
conformément à
un idéal désespéré."
Le film, porté
par les acteurs,
la mise en scène
et la musique
est incontestablement
la plus belle
oeuvre de Kitano,
sorte de chant
du cygne artistique
d'un cinéaste
qui, depuis, ne
cesse de se (re)chercher.
Feu d'artifices
d'émotion,
cette oeuvre nous
met le coeur à
vif, nous ouvre
les portes d'émotions
intenses et jamais
déplacées.
Quasiment sans
expressions, Kitano
réussi
à faire
passer ses sentiments
avec un minimum
de moyens, le
spectateur devant
ressentir intuitivement
les émotions
d'après
les situations
présentes.
A contrario de
certains films
lacrymaux (Dancer
in the dark?)
boulversants,
le film de Kitano
nous laisse seul
face à
nos propres émotions...
L'ÉTÉ
DE TOUS LES
MIRACLES
Kitano, après avoir reçu le Lion d'or à Venise pour
"Hana-Bi",
décide de
faire une
petite pause
dans la réalisation
et joue dans
" Tokyo Eyes
" du français
Jean-Pierre
Limosin. Une
fois de plus,
son apparition
comme Guest
star capte
l'attention
et bouffe
l'espace.
 |
| En 1998, Kitano reprend sa caméra et tourne le merveilleux
Kikujiro,
un
film
présenté
à
Cannes
qui
prouve
de
manière
définitive
que
son
cinéma
est
de
portée
internationale.
Ce
film,
resté
aussi
secret
que
le
premier
Starwars,
est
vraiment
magnifique.
Loin
de
ses
oeuvres
violentes,
Kitano
nous
livre
ici
son
film
le
plus
lumineux. |
|
"Vol.8 : KIKUJIRO NO NATSU" est l'histoire d'un yakuza
rêveur (Kitano)
qui aide un
petit garçon
à retrouver
sa famille.…
Une balade
sur les routes
du Japon,
aux accents
de buddy-movie,
qui réunit
un gamin désoeuvré
et un yakuza
de 50 ans,
joueur et
voleur, avec
lequel il
part à la
recherche
de sa mère.
T. K. : "Après
Hana-Bi, j'ai
compris que
mes films
étaient trop
stéréotypés
: gangs, violence,
vie &
mort, etc.
J'avais de
plus en plus
de difficulté
à m'identifier
à eux. Donc,
j'ai voulu
faire un film
que personne
n'attendait
! En vérité,
l'histoire
appartient
à un genre
que je ne
connaissais
pas. Ce scénario
était un challenge
pour moi,
un challenge
qui me permettait
de rompre
avec mes anciennes
réalisations.
Même si l'histoire
semble classique
et banale,
j'ai réussi
à y mettre
toutes mes
passions imaginaires
et mes envies
cinématographiques.
Cela donne
un film étrange
qui porte
cependant
la marque
Kitano. Je
souhaite continuer
à "trahir"
les gens en
leur apportant
des films
aussi inattendus
!"
SO
FAR AWAY.
. .
L'idée
de "Brother"
est née
durant la
production
de "Getting
Any ?" (1995),
avant le
terrible
accident
de moto
qui failli
tuer Kitano.
"Brother"
devait être
son cinquième
film. Après
l'accident,
le réalisateur
dû reprendre
des forces
et n'a donc
pas pu gérer
les difficultés
occasionnées
par un tournage
hors du
Japon. Puis
vint "Kids
Return",
le 6ème
film de
Takeshi
Kitano.
Ce film
fut le premier
à être présenté
à Cannes,
bénéficia
d'une distribution
dans divers
pays et
reçu des
acclamations
internationales.
Bien sûr,
l'un des
principaux
défenseurs
du film
fut le producteur
britannique
Jeremy Thomas
(RPC). Plus
de 15 années
séparaient
le travail
des deux
hommes sur
Furyo quand
"Kids Return"
sorti sur
les écrans.
Durant un
repas à
Cannes,
Kitano,
qui avait
retrouvé
son ami
Jeremy,
proposa
à ce dernier
un nouveau
concept
de film
, "Brother",
film qui
devait se
tourner
à los Angeles.
Thomas fut
totalement
séduit par
l'idée et
apporta
son soutien
exclusif
au réalisateur
nippon.
Malheureusement
Kitano dû
retourner
au Japon
pour tourner
son septième
film, "Hana-Bi"
et le projet
"Brother"
fut momentanément
abandonné.
|
| Une
année
plus
tard,
après
avoir
gagné
son
lion
d'or
à
Venise,
Kitano
retourna
en
Angleterre
ou
il
fut
accueilli
à
bras
ouvert
par
son
ami
Thomas.
Avec
l'accord
de
Masayuki
Mori,
le
producteur
officiel
de
Kitano,
les
deux
compères
décidèrent
de
relancer
la
production
de
"Brother",
son
neuvième
film.
|
|
Mori
promis de
s'occuper
du film,
après en
avoir fini
avec "Kikujiro".
Bien entendu,
le montage
final et
l'équipe
du film
demeureraient
sous le
contrôle
total de
Kitano.
Thomas renchérit
: "Aussi
longtemps
que nous
ferons un
film ensemble,
vous aurez
la totale
maîtrise
de l'image.
Nous allons
faire au
mieux. Ce
film marquera
la naissance
d'une union
entre l'Angleterre
et le Japon".
Dès que
ces accords
furent passés,
Mori et
Thomas se
rendirent
à plusieurs
meetings
au Japon
et à Londres
pour consolider
les accords
de la production.
En 1999,
durant la
présentation
de "Kikujiro",
Mori annonça
la naissance
future de
"Brother".
Après Cannes,
Kitano et
son équipe
partirent
pour Los
Angeles
(entre août
et milieu
septembre)
pour repérer
les endroits
susceptibles
de convenir
au réalisateur.
Ils profitèrent
également
de ce voyage
à l'étranger
pour auditionner
environ
200 acteurs
de Los Angeles.
Rejoint
par une
équipe de
techniciens
américains,
ils avaient
tout ce
qu'il fallait
pour commencer
le film
! Les premières
prises de
vues eurent
lieu en
novembre
1999 à Tokyo…
T. K. :
"Je
ne considère
pas mon
film comme
un film
de studio
américain.
Je voulais
tourner
aux Etats-Unis
et ai donc
engagé
des personnes
de là-bas.
Mais j'ai
quand même
posé
mes conditions
: je voulais
avoir entière
maîtrise
du "
Final Cut
" et
ne pas faire
de concession
vis-à-vis
du scénario.
De plus,
l'équipe
principale
devait être
japonaise.
Je ne ferai
jamais partie
d'un grand
studio car
je ne veux
pas céder
sur tous
ces points
! Jamais
un Kitano
sera américain,
je ne crois
pas ! La
seule chose
américaine
du film,
c'est qu'il
a été
tourné
à
L.A"
|
| L'HISTOIRE:
Yamamoto
(Beat
Takeshi)
est
maintenant
un
Yakuza
solitaire.
Défait
par
un
rival
dans
une
guerre
de
famille
et
abandonné
par
la
plupart
de
ses
anciens
"collègues",
le
Yakusa
est
obligé
de
s'enfuir
aux
USA. |
|
Sur
les traces
de son
frère
Ken (Claude
Maki),
un ancien
yakusa
qui déserta
le Japon
pour aller
étudier
à Los
Angeles,
Yamamoto
est bien
décidé
à
imposer
sa doctrine
aux USA.
Dès son
arrivée
aux Etats-Unis,
Yamamoto
est agressé
par un
afro-américain
du nom
de Denny
(Omar
Epps).
Ce dernier
essaie
d'égorger
le japonais
dans une
rue isolée,
mais il
est blessé
par le
yakuza
qui refuse
de se
laisser
tuer.
Ne trouvant
pas son
frère,
Yamamoto
est obligé
de survivre
dans une
société
qu'il
ne connaît
pas, en
totale
opposition
avec sa
vie précédente.
Ne parlant
pas la
langue,
l'homme
est obligé
d'utiliser
son instinct
pour survivre.
JEU
DE POUPEES
| Après
un
rôle
de
professeur
assassin
dans
Battle
Royale,
Kitano
revient
au
travers
d'une
oeuvre
inattendue
et
bouleversante.
Dolls,
dans
la
droite
ligne
d'A
scene
at
the
Sea,
retrace
avec
un
minimum
de
dialogues
et
d'actions
la
vie
de
trois
couples
désespérés
dans
le
Japon
d'aujourd'hui.
|
|
|
L'amour
impossible
que recherchent
ces personnages
si différents
de par
leur vie
et leurs
motivations
se soldera
inévitablement
par un
drame
sentimental.
Un film
magnifique,
à
l'opposé
d'un Brother
qui ne
distillait
que violence
malsaine
et malaise
urbain,
porté
par des
couleurs
incroyables
(chaque
saison
est décrite
avec sa
teinte
propre,
au "naturel")
et mettant
en scène
des personnages
qui, tels
des marionnettes
ne pouvant
couper
les fils
les liant
à
la société,
sont obligés
de fuir
la vie.
T. K :
"Dans
la culture
japonaise,
la mort
et la
beauté
sont indissociablement
liées.
Les japonais
admirent
d'autant
plus les
fleurs
de cerisiers
qu'elles
sont éphémères.
C'est
d'ailleurs
pour cela
que les
guerriers
se comparent
à
elles.
Il en
est de
même
pour les
feuilles
d'automne
et la
neige.
Le concept
de beauté
est lié
à
celui
de disparition.
On est
d'autant
plus beau
qu'on
est mortel
ce qui
implique
que le
paroxysme
de l'amour
peut être
la mort"...
Le seul
(et inexcusable)
défaut
du film,
c'est
que Kitano
ne fait
QUE de
le réaliser
:-) !!!
D'UN
Z QUI
VEUT DIRE
ZATOICHI
|
| Pour
souffler
un
peu
après
Dolls,
Kitano
participe
au
tournage
d'un
téléfilm
mettant
en
scène
la
vie
d'un
samouraï
du
nom
de
Musashi,
un
personnage
de
grand
renom
au
Japon.
Parallèlement,
le
réalisateur
cherche
matière
à
un
nouveau
film.
|
|
Lors
d'un dîner,
une ancienne
patronne
de cabaret
parvient
à
convaincre
ce dernier
de réaliser
un Zatoichi,
une série
mythique
comptant
plus de
30 films.
Au début,
Kitano ne
voulait
pas jouer
le rôle
principale
car l'image
de Katsu,
l'acteur
qui avait
incarné
ce dernier
pendant
20 ans,
était
trop associée
au personnage
(c'est pour
cette raison
que personne
n'avait
osé
relancer
la série
depuis la
mort de
Katsu survenue
en 1997).
Heureusement
pour nous,
le réalisateur,
qui ne voulait
absolument
pas le faire,
a été
convaincu
par Chieko
Saito, la
directrice
du théâtre
Roche-za
d'Asakusa
dans lequel
il avait
débuté
sa carrière.
T.
K :
"Lors
d'un repas,
Saito
a déclaré
qu'elle
allait
me demander
une faveur
que je
ne devrais
pas refuser.
Comme
j'ai cru
qu'elle
plaisantait
, j'ai
bien évidemment
accepté,
sous-estimant
la faveur
qu'elle
allait
me demander
! Elle
m'a dit
qu'elle
voulait
voir Takeshi
en Zatoichi.
Dès
que j'ai
entendu
ces mots
sortir
de sa
bouche,
j'ai hurlé
'JAMAIS
!' C'était
tellement
fou que
je n'avais
même
pas envie
d'en rire.
Zatoichi
est la
propriété
de Katsu,
tout le
monde
sait ça.
Pour ne
pas avoir
à
remplir
cette
promesse,
j'ai failli
m'exiler
à
l'étranger..."
Ce film
de commande,
véritable
"blockbuster"
nippon,
a enfin
permis
à
Kitano
d'être
reconnu
comme
un réalisateur
à
part entière
au Japon.
Une consécration
tardive,
mais oh
combien
indispensable
pour un
réalisateur
qui jusqu'à
présent
n'avait
connu
le succès
qu'hors
de son
pays.
Espérons
maintenant
que cet
engouement
entourant
la sortie
du film
encouragera
les japonais
à
(re)découvrir
les œuvres
du Maître...
TAKESHIS'
OU LES
DEUX TAKESHI
!
La
fièvre
de
ZATOICHI
étant
retombée,
Takeshi
Kitano
se
met
à
réfléchir
à
un
film
plus
intimiste,
plus
profond,
enfin
à
un
film
qui
se
passerait
dans
sa
tête
!
En
2005
Takeshi
Kitano
nous
promet
un
film
"500%
Kitano
nothing
to
add
!" |
|
 |
Et
voilà
TAKESHIS',
un condensé
de l'univers
kitanien,
un peu comme
si on avait
le privilège
de rentrer
dans le
cerveau
du maître,
juste l'espace
des 1H40
du film...
Les rêves
et les situations
surréalistes
se succèdent
à
un rythme
à
multiples
vitesses
: désordre,
puis méthodiques
séquences,
puis de
nouveau
chaos.
Bref, voilà
certainement
le film
le plus
complexe
que le réalisateur
nous livre.
Un condensé
unique de
sa vision
du monde
ou plutôt
celle de
son monde,
celui des
médias,
du cinéma
de la peinture
et plus
généralement
de celui
d'un artiste
aux multiples
facettes.
Mais combien
sont-ils
là-dedans
? Le titre
du film
nous donne
un indice,
Takeshi
au pluriel
c'est forcément
TAKESHIS'.
Takeshi
Kitano a
donc décidé
de se livrer
à
son public,
une sorte
de porte
légèrement
entre-ouverte
donnant
un bref
instant
accès
à
son monde
dont l'image
pourrait
être
comparée
au cubisme.
Mais ses
fans se
mirent à
penser que
le maître
commençait
à
s'essouffler
ou qu'il
avait perdu
l'inspiration
des débuts,
et les critiques
se firent
entendre
de toutes
parts. D'ailleurs
en présentant
TAKESHIS'
au Festival
du Film
de Venise
en 2005
il n'obtint
aucune récompense
pour le
film en
lui-même,
mais fit
la promesse
de surprendre
ses fans.
Cependant
ce film
est bien
un véritable
tournant
dans sa
carrière
de réalisateur
puisque
lui même
qualifie
TAKESHIS'
de mise
à
mort pour
une meilleure
renaissance.
TK :
"Il
faut tout
détruire
pour pouvoir
faire quelque
chose de
neuf. Pour
construire
une maison,
il faut
démolir
celle qui
occupe le
terrain.
en ce moment,
c'est difficle.
mes films
étaient
comme une
maison confortable
dont on
connaissait
les entrées,
les sorties.
Et puis
je ne sais
pas pourquoi
j'ai éprouvé
le besoin
de la détruire
et je me
retrouve
dans un
moment délicat
où
je me dis
que j'ai
tout cassé
mais en
demandant
au même
instant
ce que je
vais faire
à
la place
!"
L'idée
lui vint
après
une longue
réfléxion
intime et
un bilan
de son oeuvre,
et avec
ce 12ème
film Takeshi
Kitano tourne
une page,
celle qui
va dorénavant
le plonger
dans une
nouvelle
vie au matin
d'entamer
le cap de
la soixantaine.
GLORY
TO TAKESHI
!
|
| De
nouveau
derrière
la
caméra
et
aussi
devant,
Takeshi
Kitano
nous
livre
son
Opus19/31
rebaptisé
Glory
To
The
Filmmaker!
Il
renoue
avec
l'étrangeté
de
la
trilogie
qu'il
a
décidé
de
mettre
en
boite,
une
oeuvre
sous
l'égide
du
cubisme,
une
expression
picturale
qu'il
affectionne
tout
particulièrement.
|
|
. Il nous
fait le
coup de
la panne
d'inspiration,
ou plutôt
celle
d'un réalisateur
auréolé
de sa
réputation
mondiale
et en
même
temps,
peut-être
blasé
du ce
succès.
Les nombreux
hommage
et divers
clins
d'oeil
composent
cet efficace
patchwork
de bouts
de cerveau
de Beat
Takeshi,
et le
réalisateur
nous expose
encore
ce qu'il
a de plus
intime
dans sa
vie.Ainsi
ce second
volet
s'ouvre
sur une
réflexion
profonde
du cinéaste,
celle
qui a
pour affirmation
: Gloire
au réalisateur
!
Le film
fut présenté
en 2007
à
la Mostra
de Venise
et les
réactions
d'incompréhensions
ne se
furent
pas attendre
de la
part de
ses fans,
mais le
rôle
d'un réalisateur
n'est-il
pas de
susciter
à
travers
ses films
de fortes
émotions,
surtout
celles
qui dorment
au plus
profond
de nous
? Avec
Glory
To The
Filmmaker,
Takeshi
Kitano
reste
donc toujours
à
la pointe
de sa
réputation,
celle
d'un réalisateur
imprévisible...
___________________________________________
_ _ _
Pour vous
remercier
d'avoir
lu tout
ce qui précède,
voici en
exclu un
reportage
en anglais
retraçant
l'épopée
kitanesque,
de "Violent
Cop"
à
"Brother".
ENJOY !
:
Parties:
1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 ( 7 x 6 min. + 4 min. =
~ 46 min.)
|
|