|
|
| 
Site: mises à jour

Le mythe Kitano
Interviews
Articles

Les 12 films
Télévisions
Magazines
Imprimés
Divers

Kitano réalisateur
Kitano acteur

"Beat" Takeshi
Hisaishi & Co.

Liens Internet
Livre
d'OR
FORUM |
 |
KIDS
RETURN
Titre
japonais : Kids Return / 1996
Acteurs : Ken Kaneko, Masanobu Ando, Leo Morimoto,
Hatsuo Yamaya, Susumu Terajima, Morooka Moro, Ren
Osugi
Réalisateur : Takeshi Kitano
Producteurs : Masayuki Mori, Yasushi Tsuge
Musique : Joe Hisaishi
Durée : 108 min
Genre : Drame
[ LA BANDE-ANNONCE ]
|
INTRODUCTION
:
Kids Return"
est le premier film de Kitano à connaître le succès dans son
pays natal. Cette situation toute nouvelle pour l'acteur est
une sorte de rupture et de consécration. Un magnifique film
autobiographique, drôle et boulversant ! Dans cette oeuvre,
Kitano devient un réalisateur engagé, montrant la faillite
d'une jeunesse et d'un système éducatif qui presse les meilleurs
et rejette les faibles. Ainsi l'on voit évoluer des personnages
désabusés n'ayant plus rien à attendre de l'existence ni de
la société.
Cette oeuvre (dont le titre est tiré d'un de ses poèmes) a
une structure différente des autres films de Kitano. Il est
bourré d'histoires, d'incidents et de personnages, ne suivant
jamais la trame d'un seul héros. Les deux garçons sont associés
aux autres vies, aux autres problèmes. Tous finissent par
échouer dans leurs tâches impossibles.
Comme dans ses autres films, celui-ci s'achève où il a débuté.
Seulement, il semblerait que cette fin ne soit qu'un nouveau
départ. Chez Kitano, la mort est une sorte d'échappatoire
désespérée. Ici, les personnages choisissent la vie, dure
et terrible, mais la vie.
TAKESHI KITANO : "Dans ce film, j'ai mis l'accent sur deux
cancres, mais le destin du troisième, celui qui travaille
normalement est encore pire. Au Japon, le sort des gens ordinaires
(ceux qui ne font pas partie de l'élite) n'est pas plus enviable.
Ce destin se résume à une ambition : devenir employé dans
une grande compagnie et y travailler jusqu'à la fin de ses
jours. Il y a même une maladie reconnue par le ministère e
la santé, c'est la mort par excès de travail..."
L'HISTOIRE :
Masaru et Shinji sont deux jeunes délinquants qui ne vont
pas en classe, font des blagues à leurs maîtres et volent
l'argent des autres étudiants. Pourtant, à leur manière, les
deux garçons semblent intelligents et volontaires. Mais la
société les ayant déjà rejeté, ils sont obligés de s'adapter.
Après avoir été frappé par un autre racketteur, Masaru décide
d'apprendre à boxer avec son ami. Shinji montre rapidement
ses talents de boxeur tandis que Masaru, ayant abandonné le
sport, se met à travailer avec des yakuza...
QUELQUES DIALOGUES
:
Shinji et Masaru ont tout deux échoués dans leurs expériences
"professionnelles" et se retrouvent une fois de plus sans
avenir à la fin du film. Nostalgiques, il retournent une dernière
fois à vélo dans la cour de leur ancienne école et découvrent
que rien n'a changé. Fin inéluctable ou éternel recommencement
?
MASARU : Rien n'a changé.
SHINJI : Ouais.
MASARU : Tu crois qu'il y a encore des zozos comme nous ?
SHINJI : On doit être les derniers ! Hé les zozos ! Vous travaillez
bien ?
MASARU : Tais-toi Shinji.
(Silence)
SHINJI : Masan, tu crois que c'est fini pour nous ?
MASARU : Idiot ! Ca n'a même pas commencé !
Studio Magazine (n° 121) :
Proche de ses personnages, Takeshi Kitano sait comment les
cerner dans des scènes en apparence insignifiantes. Comme
il prenait le temps de filmer le désoeuvrement des tueurs
de "Sonatine" sur une plage d'Okinawa, le cinéaste prend,
ici, le temps de filmer ce lien invisible qui unit ses héros
: une escapade à vélo, un jogging dans la ville... Autant
de moments silencieux où le courant passe. Ce qui imprime
un tempo au film que certains trouveront plutôt lent, reproche
qui lui avait déjà été fait pour "Sonatine". Pourtant, c'est
cette nonchalance, ce détachement feint, qui font la force
de la mise en scène de Kitano et mettent en valeur les scènes
où tout s'accélère, où la violence éclate. En fait, on pourrait
comparer Kitano à un boxeur : il observe, prend ses marques,
cherche l'ouverture et frappe. Adulé par la critique européenne,
connu aux Etats-Unis, respecté par Tarantino, comparé à Melville
et Eastwood, Kitano est encore, malgré son succés grandissant,
un cinéaste marginal au Japon. Un rebelle, comme ses héros.
Première (n° 242) :
Avec un regard à la fois ironique, lucide et pudique, Takeshi
Kitano décrit un univers essentiellement masculin, assez cruel
et souvent très violent. Typiquement, ces éléments sont encore
au centre de son dernier film, qui montre les destins parallèles
de quelques jeunes japonais. Sur un rythme très fluide, le
récit est ponctué de digressions comiques, mélancoliques ou
surréalistes. Ce sont des séquences très courtes, elliptiques,
assez caractéristiques aussi de la virtuosité de Kitano à
ne montrer qu'un minimum de choses pour en exprimer un maximum.
En même temps, ces exentricités apportent une touche de légèreté
à une histoire qui serait autrement insupportable de noirceur.
"Kids Return" n'est peut-être pas le film le plus accessible
de Kitano mais il débouche sur une conclusion émotionnellement
et formellement magnifique. Selon son humeur, le spectateur
est libre de la trouver optimiste ou pessimiste. En tous cas,
elle résonne jusqu'au fond de l'âme.
|
|