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UNE DEMI-HEURE
AVEC DIEU
AUJOURD'HUI, J'AI
ENFIN RENCONTRÉ TAKESHI KITANO EN TÊTE- À-TÊTE,
OU PRESQUE. JE SUIS PASSÉE DE 2, 916666666... MINUTES
EN GROUPE À 29 MINUTES CHRONO AVEC RIEN QUE NOUS DEUX.
ET UNE CHARMANTE TRADUCTRICE. C'EST MIEUX. JE SUIS HEUREUSE
DE DIRE DUE JE RESSORS DE LÀ AVEC, AU FOND DU COEUR,
UNE SAVEUR DE PAS ASSEZ ET, SUR LE BOUT DE LA LANGUE, UN SÉRIEUX
GOÛT DE TROP PEU. IL NE PEUT EN ÊTRE AUTREMENT QUAND
ON A PARLÉ AVEC DIEU.
CAROLINE
VIÉ
Il
s'agit d'abord de différencier Dieu de la star ordinaire
que nous appellerons "vulgum starus" afin de satisfaire
nos lecteurs intellos ("vs" pour plus de facilité).
Quand on rencontre un "VS" (exemples pris au hasard
: Brad Pitt, George Clooney, Woody Allen, Christophe Goffette
... ), les choses se déroulent de façon assez
simple. On obtient - plus ou moins péniblement - un
rendez-vous. On négocie plus ou moins facilement -
une séance photo. On se prépare. Puis, le jour
J, l'attaché(e) de presse (ou "Press Representative",
pour faire à la mode,"PR" selon l'expression
consacrée) vous ouvre l'antre où se trouve la
vedette, vous la présente et referme discrètement
la porte, ne repassant la tête que cinq minutes avant
la fin du temps autorisé pour que vous puissez poser
votre dernière question, achever de lui montrer des
photos de votre chien ou terminer de lui exposer le scénario
génial que vous avez écrit "rien que pour
lui (elle)" et qui va changer sa carrière lui
apportant Oscars, Césars et autre prix convoités.
Takeshi
Kitano, c'est Dieu. Avec Dieu, rien de tout cela n'est possible.
C'est bien normal. Dieu n'est pas un "VS", il est
Dieu. Dieu est un être occupé. C'est évident
pour les mêmes raisons. Très occupé. Et
important. Very Important Deity (VID). Histoire de l'amadouer,
vous lui préparez des offrandes. Vous vous êtes
laissé dire que ça marche très bien avec
les divinités. N'ayant pas de vierge à sacrifier
dans vos relations, vous vous contentez de faire traduire
votre précédent article en japonais par la fort
compréhensive Sayaka Hirashima, qui s'est pourri généreusement
le week-end pour transposer vos élucubrations en prose
nippone intelligible. Ensuite, vous avez fait venir un exemplaire
du Petit Prince de Saint-Exupéry à grands frais
du Japon. je recommande le site Nippon Express où l'excellent
Mathias, francophone et efficace, vous trouvera tout ce dont
vous pourrez avoir envie au pays du Soleil Levant. Zatoichi
se termine par la phrase " Même les yeux grands
ouverts, je ne vois rien ".Vous trouviez élégant
de répondre " On ne voit bien qu'avec le cœur,
l'essentiel est invisible pour les yeux ". La charmante
Valérie Dhiver, qui va traduire votre interview, a
la gentillesse de repérer les phrases en question dans
le bouquin et de vous aider de ses conseils. Les recommandations
de ceux qui ont déjà parlé à Dieu
vous ont réconfortée et/ou inquiétée
: Il ne te regarde pas/Il est a adorable/Il m'a fait un beau
dessin/Il déteste les femmes (manque de chance, vous
en êtes une. Pas le temps de faire l'opération
d'ici mardi)/Il ne supporte que les gens habillés en
costume traditionnel breton (dixit mon amie Gwenola). Forte
de ces appuis et de ces avis, vous voilà partie. Sans
coiffe de bigouden mais dans vos petits souliers tout de même.
Vous avez beau être une journaliste aguerrie, ce n'est
pas tous les jours que vous avez un tête-à-tête
avec une" VID". Pis encore, votre "VID "
préférée.
Dès
le départ, c'est la débandade car, évidemment,
toute divinité qui se respecte est munie de ses saints
destinés à la protéger des mortels ("M"
C'est marrant cette lettre m'évoque quelque chose… il
me faudra y réfléchir). Dès votre arrivée
dans l'hôtel, vous croisez le producteur Masayuki Mori,
accueillant comme d'habitude. Pour poursuivre dans la métaphore
biblique, Mori-san, c'est un peu le Saint Pierre de Kitano-san.
Si les parts de Paradis fonctionnent comme les camemberts du
Trivial Poursuit, il doit avoir une belle collection de fromages
à force de se frapper le bon Take-san dont il est le
bras droit. la nounou et la conscience. Il aurait été
intéressant de le questionner
sur ses fonctions. On a essayé mais paraît qu'il
ne cause pas aux "M". Il est pourtant loquace quand
il vous reconnaît. Enfin, si tant est qu'on puisse être
loquace quand on n'a à sa disposition qu'une poignée
de mots anglais. " Love letter " dit-il en voyant
votre article dans le Brazil n°6 (que le lecteur peut encore
commander contre une somme modique). "For the work, not
for the man " dites-vous prestement pour ne pas avoir l'air
d'une midinette. Vous lui montrez son nom dans le magazine et
il sourit, ravi. "Interview with you ? " demandez-vous
avec une belle nuance interrogative dans la voix. "Great
!" dit-il. Hélas, personne n'est là pour
traduire et la rencontre tourne court. Vous avez à peine
eu le temps de vous demander pourquoi on vous a refusé
l'entretien que vient l'heure du face à face tant attendu.
Inattendu plutôt. Vous vous trouvez propulsée au
fond d'un salon d'hôtel. Derrière vous, une équipe
télé installe son matériel. Des gens boivent
du café (clic, slurp, clonk) ou mâchent des petits
fours (cronch). La traductrice apparaît. Embrassades rapides.
Kitano-san
la suit. Tout de noir vêtu. Il a retrouvé sa couleur
de cheveux habituelle qui lui va plutôt mieux que le blond
genre Marilyn pas Manson. Il sourit timidement mais sincèrement.
S'incline devant vous. Et alors là, c'est la tornade."PR1"
et"PR2" vous entourent. Même pas le temps de
filer Le Petit Prince, ni le magazine. "Il faut poser des
questions tout de suite " vous dit PR2 d'un ton sans réplique.
" Et en français " vous précise-t-il
alors que vous aviez prévu d'adopter la langue de Shakespeare
dans l'espoir que Take-san puisse suivre quelques brides de
vos interrogations. "Il ne comprend pas l'anglais "
vous affirme-t-on, péremptoire. C'est faux. Vous le savez.
Il l'entend suffisamment pour avoir une vague idée de
ce que vous avez à lui dire. Vous maudissez votre chef
vénéré, le grand Christophe Goffette, qui
s'était engagé à venir vous tenir la porte
comme le faisaient autrefois vos copines devant celle des cabinets
de l'école dépourvus de loquet. Seule, il est
impossible de gérer les interventions parasites sans
grever les précieuses trente minutes. Vous dépensez
deux secondes pour vous dire que un, ce qui compte pour vous
indiffère royalement les autres, deux, faire confiance
à qui que ce soit est une grave erreur et trois, ça
ne sert à rien de se donner du mal à écrire
des beaux textes car ça n'avance à rien et n'impressionne
personne. C'est aussi à cela qu'on différencie
une "VID" d'une "VS". Il n'a pas encore
ouvert la bouche qu'on a déjà appris quelque chose.
L'entretien
commence. Entrecoupé des "chut" que je lance
pour essayer de calmer les farfadets qui continuent leurs danses
bruyantes derrière mon dos de plus en plus courbé.
Je résous un premier problème. Takeshi Kitano
m'autorise à l'appeler Takeshi. Et c'est parti !
QUAND
UNE IDOLE RENCONTRE UNE ICÔNE
Avant de plonger dans l'entretien lui-même, quelques précisions
s'imposent. Zatoichi, c'est le film que présente aujourd'hui
Takeshi Kitano. Il s'agit des aventures d'un samouraï aveugle
popularisées au gré de vingt-six films par le
mythique Shintaru Katsu. Il était bien plus qu'une star
au japon. Une icône. Prendre sa place pour jouer ce rôle
mythique équivalait à remplacer Gérard
Philipe dans Fanfan la Tulipe. Un truc fou, totalement impensable.
Voué à l'échec. Si ce n'est que là,
non. Cette mission impossible, Kitano l'a acceptée malgré
les risques évidents de s'autodétruire avec sa
bande. C'est pour une femme qu'il a dit oui. Il faut dire qu'il
n'a guère eu le choix. C'est au retour d'un pèlerinage
sur la tombe de Katsu que Cheiko Sato lui a demandé de
faire revivre Zatoichi. Un vrai bond en arrière pour
notre héros que de retrouver cette pimpante septuagénaire
qui tenait une boîte de strip-tease, le Rokku za strip
quand lui-même faisait ses classes de comique dans des
cabarets d'Asakusa, le Pigalle de Tokyo. Cheiko Sato était
l'amie de Shintaru Katsu qu'elle a tiré d'embarras lorsqu'il
s'est ruiné et qu'elle a assisté jusqu'à
sa disparition à la suite d'un cancer de la gorge en
1997. Elle adore Kitano qui la considère un peu comme
sa mère surtout depuis le décès de l'imposante
Saki, maman de Takeshi réputée pour avoir élevé
son fils avec une poigne de fer dépourvue de gant de
velours. Quand Cheiko Sato propose quelque chose à Kitano,
il sait qu'il ne s'agit pas à proprement parler d'une
requête. Que le point d'interrogation n'est là
que pour faire poli. "Mama-san", comme on la surnomme
plus ou moins affectueusement ne le lâchera pas, tant
qu'il n'aura pas cédé. Il se met donc au boulot.
En bon fiston adoptif qu'il est. Voilà comment est née
la version 2003 de Zatoichi que Cheiko Sato a partiellement
produite. De Takeshi Kitano, on pouvait attendre du Chambara
(film de sabre japonais) comme on n'en aurait jamais vu. Il
n'était pas homme à s'en laisser imposer par une
figure écrasante. Avec l'intelligence qui lui est coutumière,
il a choisi de ne pas essayer d'effacer la marque de Katsu mais
plutôt d'apposer à côté une empreinte
aussi profonde que celle de son prédécesseur.
Zatoichi
est ce qu'on appelle communément un "film somme"
ce qui veut dire que Takeshi ne s'est pas endormi sur ses lauriers.
Il a su faire sienne l'imposante figure imposée y ajoutant
son humour iconoclaste, son sens de la violence brutale et ses
thèmes favoris (déficience physique, enfance maltraitée
... ). Tout ça en un mélange de morceaux de bravoure
hallucinants qui culminent par une séquence de claquettes
qui évoque davantage un Stomp médiéval
que les figures sophistiquées d'un Gene Kelly. Mais où
va-il chercher tout ça ? Un Takeshi à la chevelure
peroxydée genre Steevy sans les pointes défend
les paysans à grands coups de katana (sabre) vengeur
et transforme brillamment son essai dans le "jedai-geki"
(film en costumes, vous allez pouvoir briller en société).
Public et professionnels ne s'y sont pas trompés. L'homme
a raflé le Lion d'argent de Venise (ça fera bien
dans sa collection où trône la version dorée
pour Hana-Bi) puis le Prix du public à Toronto. Il a
aussi reçu une standing ovation (ovation debout) à
Bercy lors de l'avant-première de Zatoichi. Tout ému,
il avoue adorer la France, qui l'a toujours soutenu, mais s'étonne
des questions des journalistes, qu'il juge bien complexes...
QUAND
UN " VID " RENCONTRE UNE " M "
Habile transition. Me voilà, face à Kitano l'interrogeant
sur ce qu'il reproche aux reporters français. Il se tourne
vers la souriante Valérie : " Vous n'avez pas parfois
des difficultés à traduire des questions qui sont
très abstraites sur le rapport entre l'art et la mort,
entre l'art
et la violence ? " Cela amuse la traductrice, que rien
ne déroute plus depuis longtemps. " je n'aime pas
qu'on me demande pourquoi j'ai fait ci ou ça. Je trouve
cela agaçant. Je fais des films, je n'ai pas envie de
m'expliquer ". Quand Dieu n'a pas envie de quelque chose,
on n'insiste pas, on lui demande ce qu'il préférerait,
histoire de s'adapter. " J'adore que les journalistes soulignent
ce que je sais avoir raté et que j'essaye discrètement
de camoufler. Quand ils mettent le do sur des trucs comme ça,
je jubile car j'ai l'impression qu'ils m'ont bien eu ! "
Sacré Takeshi ! A force de se faire cirer les pompes
(voire plus si affinités) par toutes sortes d'admirateurs,
l'adulation éperdue a fini par le fatiguer. "Mais
non, dit-il, ce n'est pas ça. J'en ai bavé comme
cinéaste au japon. Les critiques détestaient Sonatine.
Ils disaient que ce n'était pas un film. le vous prie
de croire qu'on ne m'a pas épargné ". Certes,
certes, Takeshi, mais ça, c'était il y a dix ans.
Vos bleus à l'âme ont dû s'estomper maintenant
que vos prix et vos résultats au box-office vous ont
permis de vous faire respecter. Il sourit visiblement amusé
par l'objection qui tranche dans le discours pré-mâché
qu'il balance à la presse étrangère depuis
des années. " D'accord, reconnaît-il. Après
avoir été reconnu en Europe, ça a un peu
changé. C'est vrai ! Récemment on commence à
me considérer comme un réalisateur. Il faut souvent
gagner le respect des critiques dans d'autres pays pour que
les japonais acceptent de. vous prendre au sérieux ".
Maintenant
que son aura de cinéaste brille de tous ses feux, je
lui demande s'il ne pourrait pas imaginer de ralentir son rythme
infernal à la télévision. Il ne se contente
souvent que de faire acte de présence dans des émissions
quasi quotidiennes qui semblent l'ennuyer à mourir. Il
balance une vanne ou l'autre, se déguise sans conviction
et ne se réveille que pour se moquer des politiciens
qu'il reçoit dans son talk-show. " Je pense à
mettre la pédale douce, avoue-t-il, mais, avant ce n'était
pas possible parce que les recettes de mes films n'étaient
pas suffisantes pour me permettre de continuer à en produire
sans les rentrées d'argent de la télévision.
Zatoichi pourrait bien changer la donne car il s'agit d'un gros
succès. Le premier que j'ai connu au japon avec l'un
de mes films ! " Vous voyez bien que Take-san n'est pas
si mal traité par les japonais. Comme je m'émerveille
devant son énergie débordante, il avoue simplement.
" Je fais tout mon possible pour ne jamais m'ennuyer. je
jongle, je peins et je joue du piano bien que je ne sois pas
très doué. Parfois même, il m'arrive de
dormir ! " Il lui advient même de rêver tout
éveillé. Il avoue : " J'ai arrêté
la musique parce que j'ai fini par reconnaître que j'étais
trop mauvais. Mais je ne renonce pas. Dans cinq ans, j'ai décidé
que je ferai un one man show où je jouerai du piano,
chanterai et ferai des claquettes ! Ce sera ma revanche sur
tous les gens qui ont critiqués mes tentatives musicales.
J'ai même emmené mes chaussures de claquettes et
mon clavier en France pour pouvoir continuer à travailler
". Comme je ne suis pas la dernière à l'avoir
asticoté sur ses talents vocaux, je passe vite à
un sujet moins périlleux : ses tableaux. " Ils sont
trop médiocres pour que je puisse envisager de les commercialiser
mais il m'arrive de les offrir ". Et que faut-il faire
pour en avoir un ? "Je vous en donnerai peut-être
un quand je vous reverrai ". (Là, la "VID"
se conduit en "VS" promettant la Lune, deux ou trois
galaxies et un Toblerone de la taille de l'Everest quand il
vous a devant les yeux et vous oubliant à la seconde
même où vous avez passé la porte.) Il refuse
même de me faire un petit dessin sous prétexte
que "ce ne serait pas réussi ". Je ravale ma
déception tandis qu'il m'explique qu'il s'est mis aux
collages (comme mon ami Gilles Gressard) et qu'il a réalisé
un collage géant de Zatoichi mêlant des éléments
aussi étranges que du collyre, des paquets de clopes
et des pinceaux. Il envisage de se mettre à la peinture
à l'huile après s'être essayé à
la sculpture avec une marionnette de Zatoichi qu'il qualifie
de ratée.
Rendue
un peu grognonne par l'histoire du dessin (personne ne me l'avait
jamais refusé jusque-là) , je l'attaque sur sa
réputation de macho. " Moi, macho ? dit-il, visiblement
piqué. Personne n'aime plus les femmes que moi. je suis
tellement timide face à elles que je n'ose pas diriger
mes actrices ". je rétorque que cette timidité
ne devait l'étouffer pendant ses shows télé
où les demoiselles se faisaient plutôt rudoyer
! " Mais c'était pour se moquer des traditions et
des changements d'après-guerre qui ont fait que la femme
est devenue l'égale de l'homme ". je ne lâche
pas le morceau. Et sa réputation de play-boy ? "
Je suis un homme galant ! J'ai failli ne plus pouvoir travailler
dans le show business parce que j'ai mis le boxon à la
rédaction d'un journal qui avait attaqué ma maîtresse
". Le ferait-il toujours aujourd'hui ?. Il me montre la
moitié paralysée de son visage avec un sourire
désarmant. " Je suis assez blessé comme ça.
Je demande aux femmes de ne plus avoir d'histoire avec les journaux
maintenant ". Ayant enfin gagné son pari d'être
reconnu comme réalisateur au japon, Takeshi caresse maintenant
deux souhaits : faire un film cubiste dont il effectuerait le
montage en tirant les scènes au sort et réussir
à faire primer l'un de ses romans parce que " plus
j'obtiens de prix, plus j'ai de liberté pour faire le
bouffon ". Lorsque je lui demande s'il a laissé
Beat Takeshi, son alter ego comique, à Tokyo, il se remémore
une anecdote humiliante. " Quand j'ai présenté
Kids Return à Cannes, juste après mon accident
de moto, j'ai fait semblant de trébucher dans un escalier
en pensant faire rire tout le monde. Non seulement les gens
n'ont pas souri mais plusieurs personnes se sont précipitées
sur moi pour me relever ! Depuis, j'y vais doucement sur les
gags quand je voyage à l'étranger ". Il est
loin le temps où Takeshi parodiait Zatoichi dans ses
shows télé ou dans Getting any , sa comédie
frappadingue. " Je me souviens d'un sketch où Zatoichi,
qui ne voit évidemment rien, tuait tout le monde pour
protéger une belle demoiselle. A la fin, il ne restait
plus que le chef yakusa qu'il emmenait par la main et qui lui
disait " Merci Zatoichi " avec une voix de femme.
A cette époque, je n'aurais jamais imaginé pouvoir
le jouer sérieusement ". D'un seul coup d'un seul
Takeshi n'est plus là Il m'a été enlevé
alors que j'ai eu à peine le temps de le saluer et carrément
pas celui de lui proposer de nous suicider ensemble. Je reprends,
mon sabre de samouraï d'une main et mon magnéto
de l'autre, croisant dans le couloir plein d'indifférents
qui vont prendre ma place. "PR2" me dit "Tu as
posé de bonnes questions". J'ai l'impression d'être
Babe, le porcelet félicité par un fermier avare
en compliment. Je dis merci avec le sourire, cependant. Car
"PR1" et "PR2" sont des gens influents:
ils peuvent me fermer à jamais la porte de Takeshi. Mon
adulation est insignifiante face à leurs pouvoirs. Petite
Princesse sans mouton, j'ai le cœur lourd mais je conserve ma
dévotion.
Les
sites francophones à consulter : pour acheter des choses
japonaises Nippon Export www.nipponexport.com (demander Mathias
de ma part), pour en savoir plus sur Kitano, celui de l'irremplaçable
Martin Läng www.TakeshiKitano.net
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