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GLORY TO THE FILMMAKER !
Titre japonais : Kantoku Banzaï / 2007
Acteurs : "Beat" Takeshi, Toru Emori, Kayoko Kishimoto, Anne Suzuki, Keiko Matsuzaka, Susumu Terajima, Ren Osugi, Yoshino Kimura, Akira Takarada, Tetsu Watanabe, Rakkyo Ide.
Réalisateur : Takeshi Kitano
Producteurs : Masayuki Mori, Takio Yoshida
Musique : Shinichiro Ikebe
Durée : 108 min
Genre : Comédie

[ LA BANDE-ANNONCE ]

LE SUJET :
Le célèbre cinéaste Takeshi Kitano se met en quête de réaliser le film ultime pour les amateurs de cinéma du monde entier. Takeshi Kitano imagine tous les genres possibles pour ce projet. Suit à l’écran et hors-cadre une série d’événements imprévisibles liés à une catastrophe prête à changer la face du monde. Dès lors, Takeshi Kitano se doit de non seulement finir son film, mais aussi de sauver l’humanité !

INTRODUCTION :
Glory To The Filmmaker, ou Gloire au Réalisateur est le 13ème film de Takeshi Kitano. 13 comme le chiffre de la superstition en Occident, un chiffre donc derrière lequel se cache toute la mystique d'un film si particulier, et qui marque un véritable tournant dans la vie du cinéaste japonais.
Pour être honnête, après Takeshis', la majorité des fans du réalisateurs étaient sortis complètement déboussolés à l'issu de la projection, et donc, ils étaient tous dans cette l'attente du retour du film messianique typiquement kitanien tel qu'ils l'avaient connus depuis des années et qui les mettraient à nouveau à l'aise dans leur visionnage.
Evidement Kitano avait eu vent de cet émoi et c'est pour cela qu'il fit ce 13ème opus qui à l'origine devait s'intituler Opus 19/31, un titre d'ailleurs, qui a été vite abandonné à cause de sa complexité!
Un film plus contractuel pour les fans ?
Et bien que nenni, car c'était mal connaître le réalisateur qui venait de pondre pour ses fans un film tout aussi déroutant que le précédent !
Glory To The Filmmaker est donc la continuité de ce que Kitano appelle depuis, la trilogie de l'introspection de son oeuvre qui consiste en se dévoiler toujours d'avantage.
Le sujet principal du film n'est pas Kitano à proprement dit, mais le manque d'inspiration qui parfois assaille le réalisateur qu'il est.
Ainsi le doute et l'interrogation sont les fils directeurs du film qui vont progressivement nous amener à pénétrer un peu plus, le cerveau en ébullition du maître.
Cela se traduit dans le long métrage par des saynètes de différents genres comme ceux de l'horreur, de le science fiction, de l'amour ou de la nostalgie, qu'auraient pu tourner Kitano s'il avait décidé de se pencher plus en profondeur sur tout ces différents styles.
Des personnages aussi étranges que familiers, se croisent pendant tout le film, et on retrouve pour les interpréter les acteurs fidèles du Beat tels que par exemple, Osugi, Terajima, Kishimoto, Rakkyo ou Zomahoun.
En plus, un double, sous la forme d'un Playmobile géant, s'invite en acteur second et qui apparaît lorsque le vrai Takeshi se trouve dans une situation délicate. Un peu comme si l'acteur voulait parfois être là, sans l'être vraiment. Une sorte aussi de dédoublement de personne qui nous rappelle qu'il y a deux Takeshi, exactement comme le formulait déjà le titre du précédent long métrage : Takeshis'
Et voilà qu'on revient de là où nous partions, sauf que cette fois-ci, nous étions tous préparés, tellement d'ailleurs que la sortie du film dans les salles françaises est encore plus discrète que celle du précédent opus tant décrié : 1 salle seulement dans la capitale !
Définitivement, Kitano a bien l'intention de continuer son analyse du soi en prenant à témoin le public et surtout ses plus fidèles adorateurs.
En fait, il y en a pour tout le monde même pour les intimes du réalisateur comme moi !
Par exemple, la scène de l'enfant qui se coupe le doigt en manipulant un opinel vient d'une histoire que Kitano me raconta lui même et dont il fut le principal protagoniste alors qu'il était adolescent.
Dans les années 50, il évoluait dans un milieu peuplé de yakuza, et fasciné par eux, il essaya de s'en inspirer en voulant braquer au coin d'une rue du quartier populaire d'Asakusa, le premier salaryman qui se présenterait. Malheureusement il se blessa en manipulant son opinel, et ce fut le salaryman qui, ayant pitié de l'adolescent takeshi, l'a finalement ramené chez sa mère pour se faire soigner !
Le film est donc truffé de ce genre d'anecdotes et de divers clins d'oeil comme celui pour ET, Zidane, Zatoichi ou Kikujiro. A cela s'ajoute les hommages officiels que fait Kitano à des réalisateurs comme Ozu ou Wenders.

AUTOUR DU FILM :
Glory To The Filmmaker a été présenté lors de la 64ème Mostra de Venise dans la catégorie Hors Compétition.
Ce fut donc avec stupeur que les fans du monde entier découvrirent ce 13ème opus. Kitano n'attendait rien de spéciale en y allant, c'était simplement pour faire plaisir à son ami Marco Muller, président de la Mostra, qui lui avait demandé de présenter son film à Venise.
Kitano reçu d'ailleurs un petit prix de la part d'un des principaux sponsors du festival pour son engagement à toujours faire en sorte de proposer des films originaux.
De plus, cette édition 2007 de la Mostra était une date anniversaire bien connue du réalisateur, puisqu'il célébrait les 10 ans de son Lion d'Or pour Hana-Bi en 1997, une occasion donc de fêter sur les lieux mêmes, l'obtention de cette prestigieuse récompense !