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Kitano réalisateur
Kitano acteur

"Beat" Takeshi
Hisaishi & Co.

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JUGATSU
Titre
japonais : 3-4 x jûgatsu ('San tai yon ekkusu
jûgatsu') / 1990
Acteurs : "Beat" Takeshi, Masahiko Ono (aka 'Yûrei
Yanagi'), Yuriko Ishida, Hisashi Igawa, Takahito
Iguchi (aka 'Guadalcanal Taka'), Minoru Iizuka,
Makoto Ashikawa, Hitoshi Ozawa, Hisashi Igawa, Katsuo
Torashiki
Réalisateur : Takeshi Kitano
Producteurs : Hisao Nabeshima, Takio Yoshida
Durée : 92 min
Genre : Drame
[ LA BANDE-ANNONCE ]
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INTRODUCTION :
Boiling
Point est un film de yakuzas comprenant toutes les originalités
cinématographiques que l'on est en droit d'attendre d'un
long métrage de Kitano : l'histoire est décalée,
on y trouve de fréquentes touches de l'humour spécial du
comédien et des scènes planantes où le silence est entrecoupé
par des pointes d'extrême violence qui, comme la comédie,
arrivent soudainement, nous surprennent, sans nous avertir…
Bref, un film bizarre et fascinant ou Kitano met en exergue
ses talents les plus fous et parvient même, par son
jeu outrancier, décalé et dérangeant
à voler la vedette au pauvre (z)héros de l'histoire.
TAKESHI KITANO : " Ce film est vraiment la genèse de
mes autres réalisations cinématographiques. Tout y est déjà
présent: les yakuzas, la mer, mes ellipses, mon amour des
petites gens... et moi !"
L'HISTOIRE :
Le jeune Masaki travaille dans une station service comme
pompiste et s'essaie au base-ball avec son équipe des Eagles.
Un jour, un yakuza furieux du gang Otomo insulte Masaki
sous prétexte qu'il a mal nettoyé les vitres de sa voiture
et le pousse méchamment. Sans réfléchir, Masaki frappe le
yakuza qui prétend que le jeune homme a commencé.
Pour échapper aux représailles, Masaki demande
de l'aide à Takashi Iguchi, son coach au base-ball et ancien
yakuza. Après une bagarre, Takashi Iguchi doit se barricader
chez lui, sans défense. Pour lui venir en aide, Masaki et
son ami Kazuo ( Minoru Iizuka ) partent à Okinawa
acheter une arme afin de défendre leur patron.
Une fois là-bas, les deux garçons tombent sur un yakuza
déjanté, Uehara (joué par "Beat" Takeshi), qui les entraîne
dans des embrouilles encore plus dangereuses. Après être
restés un certain temps avec Uehara (et gagnant sa confiance),
les deux garçons suivent le yakuza près d'une base militaire
américaine afin d'y trouver une arme.
Studio Magazine (n° 144) :
Les admirateurs de "Sonatine" ou de "Hana-Bi", premiers
films à audience internationale de l'acteur devenu réalisateur,
vont ici se régaler. Mêmes obsessions sportives, même goût
pour les plages désertes. Même concentré d'humour froid,
de violence distanciée et de poésie, qui trouve sans doute
son expression la plus aboutie dans la scène finale, où
le tueur est à l'oeuvre, une brassée de fleurs orange à
la main. Magnifique.
Ciné Live (n° 23) :
Il n'a fallu à Kitano que peu de temps pour se construire
un style qui le range dans les réalisateurs les plus passionnants
du moment. On peut, avec prudence, considérer le cinéma
du cinéaste comme un cinéma de fantasmes. Fantasme de la
rupture avec le narratif de bon aloi, délaissé au profit
d'un récit tout en ellipses où la force du montage et de
la juxtaposition de plans et d'angles inusités instaurent
une lecture impertinente et ironique du film de yakuza.
Fantasme aussi d'une poésie qui, dans l'emploi des couleurs
et la construction des plans, se débarasse de la notion
de bon goût et flirte allègrement avec le surréalisme. Un
cinéma, enfin, qui s'autorise des écarts aussi gratuits
que saisissants, aveux plus ou moins conscients de désirs
sous-jacents, comme l'homosexualité trouble du chef des
yakuzas. Une mise en scène épurée de toutes ses obligations
et que Kitano maîtrise avec une rare dextérité.
Première (n° 266) :
A la première vision, on ne sait pas d'où le film vient
ni où il va. Pas tant à cause du rythme discontinu auquel
on s'habitue très vite et qui ne gène aucunement la fluidité
du récit. Ce qui déroute davantage, c'est qu'on attend des
personnages principaux conformes aux conventions, et ils
n'ont jamais l'air d'arriver. Jusqu'à ce que l'évidence
s'impose : les héros sont les deux crétins. C'est un des
aspects les plus attachants de Kitano : son affection spéciale
pour les maladroits, les silencieux et les discrets. Ceux
qu'on ignore généralement au cinéma comme dans la vie. ici,
on les suit au fil de sketches souvent comiques où le cinéaste
développe son fameux style elliptique : on ne voit pas l'action
: juste les prémices et le résultat.
Evidemment, il n'y a pas qu'eux. L'irruption du stupéfiant
yakuza interpérété par Kitano fait basculer le voyage des
deux nigauds dans une dimension surréaliste et sadienne.
A l'évidence, l'acteur s'est tellement plu à interpréter
cette brute dégénérée que le rôle prend une importance excessive.
C'est ce genre de déséquilibre qui fait l'intérêt du film:
les meilleurs moments sont les erreurs, anomalies et images
apparemment inutiles. Improvisés sur le tournage ou dans
la salle de montage, ils sont le résultat d'intuitions géniales,
qui, neuf ans après, conservent au film la même fraîcheur.
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